« ELLE», parangon primé du boboïsme « tendance » et pervers

Attirée par la consécration d’Isabelle Huppert aux Golden Globes pour un thriller supposé remarquable, je viens de voir ce film qui avait déjà fait fureur à Cannes, encensé alors par nos plus grands medias (ce qui aurait pourtant dû m’alerter…)

Présenté comme la réaction « étonnante » d’une femme à l’agression et au viol qu’elle a subis, le réalisateur se complaît en fait à décrire des personnages et un mode de vie qui représentent la synthèse d’une sorte de vision « sociale », celle de l’auteur sans doute, de ce que serait une certaine bourgeoisie infectée dès l’origine par un système de valeurs en quelque sorte « corrupteur », essentiellement basé d’ailleurs sur la religion (catholique).

L’héroïne, comme on l’apprend assez vite, est en fait une personne « reconstruite » comme elle le dit elle-même, dont le père, un bourgeois fervent catholique, est interné pour les crimes en série qu’il a commis plus de vingt ans avant et qui l’ont, elle, impliquée dans son enfance.

Indifférente apparemment à tout, sauf à une sexualité qui semble à tout le moins – et malgré son âge- la dominer, elle mène avec une amie partenaire (dans tous les sens du terme à ce qu’il semble), une entreprise prospère et ô combien moderne de jeux videos où l’horrible le dispute au pervers- ce qui est aujourd’hui particulièrement vendeur -où, dans le secret (très relatif) de son bureau, elle peut se livrer à quelques rapides « coups de cul » échangés avec le compagnon de son associée.

Agressée et violée dès la première scène du film, elle n’en pipe mot à quiconque, avant d’évoquer froidement la chose devant le père de son fils et ses associés dont la réaction (normale) l’indiffère totalement. Elle devient dès lors quasiment obsédée par ce que l’on suppose un désir de vengeance mais qui se substitue assez vite à un jeu sado-masochiste du meilleur aloi.

On notera au passage, en ce temps de Noël, la description grotesque du couple de voisins d’en face, bien plantés là en catholiques chics pratiquants, installant dans leur jardin une crèche géante également grotesque pendant que l’héroïne, les regardant à la jumelle derrière sa fenêtre, se masturbe allègrement.

On devine assez tôt, alors que la scène de viol associée au fantasme de sa réplique vengeresse devient récurrente, que l’auteur n’est autre que le voisin d’en face, ce bon catholique pratiquant – et par conséquent « tourmenté».

On peut ajouter, cette histoire reflétant une certaine vision du monde, que les hommes n’ont ici d’autre rôle que ceux, peu gratifiants de « queue », de traître, d’infidèle, de psychopathe ou de raté. Les femmes, dont l’héroïne elle-même, triomphent de tout et surtout des hommes qu’elles ne visent au fond qu’à utiliser (même la mère, remarquable Judith Magre en vieux « cougar » abusé)

Les moins de 12 ans n’en tireront heureusement aucun profit et,  au-delà, ne pourront se sentir concernés que les membres de cette bulle sociale qualifiée depuis 30 ans de « bourgeois bohèmes », à la fois très ouverts (open minded) nantis et surtout « bien-pensants ».

Voilà bien une histoire, on en est presque sûr, qui trouvera sans aucun doute la reconnaissance de ses pairs aux prochains « Césars »

Le comble de cette cérémonie pourrait bien être, cette année, le rejet de Roman Polanski de sa présidence, pour cause d’agression de mineure (dont la plainte a été depuis longtemps retirée) pour remettre une palme à cette histoire de viol « vengé »  sinon consenti.

Pour ma part, j’aurai été piégée à peu de frais, je suis mûre,  et la VOD est finalement bon marché. Comme l’eût écrit le très regretté  Vialatte « Et c’est ainsi qu’Allah est grand » !!